La Sauvegarde du Patrimoine Maritime Girondin est une association loi 1901 fondée à Pauillac en 1999 par un groupe de charpentiers de marine, de navigateurs et d'historiens locaux qui avaient vu disparaître, en quelques décennies, la quasi-totalité des embarcations traditionnelles de l'estuaire. Là où des dizaines de gabares et de filloles animaient encore les berges dans les années 1960, il ne restait que quelques coques abandonnées sous des hangars, les bois pourris, les ferrures rouillées. L'association est née de l'urgence et de la conviction partagée qu'un patrimoine sans gardiens disparaît sans laisser de trace.

Aujourd'hui, nous fédérons près de 140 adhérents — charpentiers professionnels, retraités de la marine fluviale, enseignants, étudiants en histoire — et collaborons étroitement avec les communes riveraines de la Gironde, le Musée Maritime de Bordeaux, et des associations homologues de la façade atlantique. Notre chantier naval, situé en bordure de la Gironde à Pauillac, est ouvert au public le samedi matin et lors de nos journées portes ouvertes trimestrielles. C'est un lieu de travail réel, pas un musée figé : les outils servent, les copeaux tombent, les embarcations reprennent vie.

Notre modèle repose sur la complémentarité entre bénévolat qualifié et intervention de professionnels. Les grandes opérations de structure — remplacement de membrures, calfatage, gréement — sont conduites par nos deux charpentiers salariés. Les ponçages, les mises en peinture traditionnelle au coaltar végétal, l'entretien des voiles en coton écru sont pris en charge par nos bénévoles formés lors de nos ateliers mensuels. Ce modèle nous permet de maintenir un niveau d'excellence artisanale tout en ancrant profondément l'association dans la vie de sa communauté.

Bénévole travaillant au calfatage d'une coque en bois dans l'atelier de Pauillac
Atelier de Pauillac, samedi matin. Une bénévole applique l'étoupe de calfatage à la couture d'une fillole en cours de restauration. La lumière filtre par les grandes portes du hangar sur la Gironde.

L'association est née d'un choc : en 1997, la dernière gabare encore en état de navigation sur la Gironde, la Marie-Jeanne, fut vendue à la casse faute de repreneur. Jean-Luc Sarrazin, charpentier de marine à Pauillac, et Odile Descamps, archiviste au Conseil général de la Gironde, refusèrent d'accepter que cela puisse se reproduire. Ils réunirent autour d'une table une poignée de passionnés — un ancien marinier de la Garonne, deux professeurs d'histoire locale, un menuisier de Blaye — et fondèrent l'association en 1999 avec pour premier projet la restauration de la Girondine, une fillole de pêche datant de 1923 retrouvée échouée sur une vasière à Bourg-sur-Gironde.

Ce premier chantier, achevé en 2002 après trois ans de travaux bénévoles, donna à l'association sa méthode et sa réputation. La Girondine navigua pour la première fois depuis quarante ans lors des Fêtes du Fleuve de Bordeaux en 2003, devant plusieurs milliers de spectateurs médusés. Depuis, chaque embarcation remise à flot est l'occasion de renouer des liens entre les générations, d'ouvrir nos ateliers à des lycéens ou à des adultes en reconversion, et de démontrer que le patrimoine n'est pas une affaire de musée mais une pratique concrète, exigeante et vivante.

« Un patrimoine sans gardiens disparaît sans laisser de trace. »

Jean-Luc Sarrazin, co-fondateur

La Sauvegarde du Patrimoine Maritime Girondin a pour mission de restaurer, préserver et mettre en valeur les navires et embarcations traditionnels de l'estuaire de la Gironde et de ses affluents, en maintenant vivantes les techniques de construction navale en bois qui leur sont associées.

Nous considérons que ce patrimoine — gabares, filloles, plates, chalands et pinasses — est un bien commun de la Gironde, porteur d'une mémoire du travail, du commerce et de la vie quotidienne sur le fleuve que nul autre vecteur ne peut transmettre avec la même force. Notre mission est à la fois technique, culturelle et sociale : technique parce qu'elle exige l'excellence des gestes du charpentier de marine ; culturelle parce qu'elle inscrit chaque embarcation dans l'histoire longue du territoire ; sociale parce qu'elle mobilise des bénévoles de tous âges et de toutes origines autour d'un projet commun, tangible et porteur de sens.

L'association est administrée par un bureau de trois membres élus par l'assemblée générale, assistés d'un conseil d'administration de douze personnes représentant les différentes compétences mobilisées par notre activité : charpenterie navale, navigation, histoire locale, gestion associative et communication. Nos administrateurs bénévoles consacrent en moyenne plusieurs dizaines d'heures par mois à la vie de l'association, aux côtés de nos deux salariés permanents présents à plein temps sur le chantier.

Martine Lousteau

Présidente

Bernard Cazeaux

Trésorier

Sylvie Duprat

Secrétaire

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